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Ahmadou Tidjani - "La violence n'arrange rien"

Cameroon Tribune (Yaoundé)
INTERVIEW
30 Novembre 2006
Publié sur le web le 30 Novembre 2006

By Propos recueillis par J.M.N

Après sa première descente sur le terrain, le gouverneur de l'Extrême-Nord, Ahmadou Tidjani, fait le point.

Quelle est votre réaction après les actes de violence survenus récemment dans le périmètre rizicole de Maga ?

Mon sentiment à la suite de ces événements ne peut être que la désapprobation. Quelles que soient les raisons à l'origine de ces incidents, on n'avait pas besoin d'émeutes en ce moment dans cette partie du territoire qui a besoin de la paix, de la sécurité et de sérénité pour permettre aux riziculteurs de mener à bien leurs activités en ce début de campagne agricole. Comme vous le savez, c'est le début de la campagne du riz. Je suis donc attristé et je condamne avec la dernière énergie ce genre de réactions primaires qui ne peuvent que nous tirer vers le bas de l'échelle du développement.

Quel était l'objet de votre première descente sur le terrain ?

A la suite des événements survenus le 9 novembre dernier et qui se sont poursuivis en s'aggravant, je me devais de me rendre sur place en tant que gouverneur de la province pour m'enquérir de la situation exacte, rencontrer et réconforter les familles sinistrées, m'informer des griefs à l'origine de ces événements et prendre des mesures administratives permettant de rétablir l'ordre, de restaurer la paix et de faire revenir le sécurité dans le périmètre de Maga.

Quelles mesures concrètes avez-vous préconisées pour un retour durable au calme et à la sérénité?

Sur la base des discussions que j'ai eues avec les différentes parties prenantes et sur la foi des déclarations des uns et des autres, j'ai décidé d'annuler la mesure de redimensionnement des parcelles contestées par les riziculteurs du périmètre de Pouss. S'agissant du dispositif de sécurité que je n'ai pas vocation à dévoiler ici, la première mesure consistait d'abord à mettre les gens devant leurs responsabilités. Ceux qui ont allumé le feu se rendent maintenant compte de la gravité de leurs actes. Si nous continuons sur cette lancée, c'est la rue qui va décider de tout. Mon souhait c'est que les uns et les autres tirent les leçons de ces fâcheux événements qui ne profitent à personne, quelles que soient les raisons avancées.

Avez-vous le sentiment d'avoir été compris par toutes les parties prenantes ?

Lors de ma descente, j'ai réuni les différentes parties impliquées dans la gestion de ces incidents. Il s'agit du directeur général de la Semry, des représentants des riziculteurs, des notables y compris les chefs traditionnels. J'ai écouté les uns et les autres qui ont égrené un chapelet de griefs. La raison souvent avancée pour justifier ces incidents c'est le redimensionnement des parcelles cultivées qui devaient passer à 25 ares contre 50 ares auparavant. Cette décision du directeur général devait permettre un plus grand accès à la terre aux jeunes désoeuvrés de cette région où la culture du riz constitue la principale activité. Cette mesure devait également permettre de résoudre par ricochet, le problème du paiement des redevances fixées auparavant à 60.000 francs. Ceux qui n'avaient pas les moyens de payer ce montant pouvaient s'organiser avec des voisins pour payer 30.000 francs sur des parcelles redimensionnées. Toujours est-il que l'annulation du redimensionnement des parcelles répond à un souci d'apaisement.

Mais comme vous le savez bien, dans ce genre de situation, il y a parfois de l'amalgame et j'ai cru percevoir chez les meneurs un certain nombre de griefs n'ayant rien à voir avec le problème des riziculteurs. C'est ainsi qu'on est parti de l'opposition au redimensionnement à l'opposition au paiement de la TVA et à la réduction du montant des redevances. Toutes choses qui laissent penser que soit les gens sont montés, soit qu'il existe un déficit d'information. J'ai saisi donc l'occasion pour expliquer le régime de la TVA qui ne relève ni de la décision du Conseil d'administration, ni du gouverneur.



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